• Από τη Διακονία των Τραπεζών στον αντιδικτατορικό αγώνα

Το κείμενο αυτό γράφτηκε στα γαλλικά. Επειδή προοριζόταν για γαλλικό κοινό, περιλαμβάνει πλήρη ενημέρωση για την ιστορία και τις θέσεις του Κινήματος της ΧΔ από το 1953, φυσική συνέπεια και συνέχεια των οποίων ήταν ο ασυμβίβαστος αντιδικτατορικός αγώνας. Περιλαμβάνεται και ενημέρωση για το ρόλο της ορθόδοξης χριστιανικής πίστης στη διαμόρφωση της ταυτότητας του νέου εληνισμού και της Ελληνικής Επανάστασης που οδήγησε στη δημιουργία του σύγχρονου ελληνικού κράτους, βασίζοντας στη χριστιανική πίστη και διδασκαλία τις αξίες που ενέπνευσαν τους λαούς της Ευρώπης να αποτινάξουν την τυραννία. Μέρος αυτης της αγωνιστικης επαναστατικής παράδοσης είναι και ο αγώνας της ΧΔ. 

Τελικά, το κείμενο  δεν δημοσιεύτηκε. Ως εκ τούτου, αποφασίσαμε να το δημοσιεύσουμε εμείς στην ιστοσελίδα μας, με κάποιες περαιτέρω επεμβάσεις που έτσι κι αλλιώς θα γίνονταν με την ολοκλήρωση της επεξεργασίας του και την ελληνική μετάφραση. Αυτό το περιστατικό μας έκανε να συνειδητοποιήσουμε την ανάγκη οι θέσεις του κινήματός μας και της εφημερίδας του, οι δραστηριότητές τους και η ιστορία τους να είναι προσβάσιμες διεθνώς στην πιο ολοκληρωμένη δυνατή μορφή. Κι έτσι μας οδήγησε στην απόφαση να δημοσιεύουμε περισσότερα κείμενα στα γαλλικά και στα αγγλικά στην ιστοσελίδα μας. Στοιχεία από το πνεύμα του κειμένου καταγράφονται περιληπτικά στο επετειακό άρθρο μας για την πτώση της δικτατορίας. Ευχαριστούμε όσους Γάλλους φίλους προσωπικά συνέβαλαν όσο κράτησε η από κοινού επξεργασία του, ώστε η γλώσσα και το ύφος του κειμένου να έχει όσο γίνεται υψηλότερο επίπεδο, που δεν θα το εξασφαλίζαμε εμείς γράφοντας σε ξένη γλώσσα. Κρατήσαμε και τον ωραίο τίτλο, τον οποίο εκείνοι είχαν επιλέξει.       

Ce texte fut rédigé en français: En tant que destiné à un public français, il contient une présentation détaillée de l’histoire et des positions du Mouvement de la démocratie chrétienne en Grèce depuis 1953, dont le prolongement naturel fut la lutte inflexible contre la dictature. Il aborde également le rôle de la foi orthodoxe dans la construction de l’identité de l’ hellénisme contemporain et de la Révolution grecque qui a abouti à la création de l’État grec moderne, en fondant sur la Foi et la doctrine chrétienne les valeurs qui ont inspiré les peuples d’Europe à se libérer de la tyrannie. En ce sens, la lutte de la dc en Grèce est liée à la tradition des luttes révolutionnaires et libératrices du peuple grec.

Finalement, le texte n’a pas été publié. Nous avons donc décidé de le publier nous-mêmes sur notre site, après quelques modifications qui auraient de toute façon été apportées lors de la finalisation de sa correction; suivi de sa traduction en grec. Cet incident nous a fait prendre conscience de la nécessité de rendre internationalement accessibles, sous la forme la plus complète possible, les positions de notre mouvement et de son journal. C’est pourquoi nous avons décidé de publier davantage de textes en français et en anglais sur notre site. L’esprit de ce texte est résumé dans notre article commémoratif de la chute de la dictature. Nous remercions tous nos amis français qui ont contribué personnellement à l’élaboration de cet ouvrage, permettant ainsi d’atteindre la meilleure qualité linguistique et stylistique possible, ce qui n’aurait pas été possible pour nous en écrivant dans une langue étrangère. Nous avons également conservé le beau titre qu’ils avaient choisi.

Yannis Zervos

Selon notre Mouvement Démocratie Chrétienne (Κίνημα Χριστιανική Δημοκρατία), et notre journal Christianiki («Χριστιανική»), fondés en 1953, le message social de l’Evangile est le point de référence toujours actuel, propre à inspirer une société libre et juste. Notre modèle social est fondé sur la première communauté chrétienne de Jérusalem décrite par les Actes des Apôtres, où “tout était commun entre eux” (Actes 2,44 et 4,32).

Dans les Actes des Apôtres, justement, on trouve l’épisode de la « Diaconie des Tables » (Actes, 6, 1-6), qui raconte l’élection démocratique des sept diacres afin de mettre en œuvre cette communion et de prévenir les injustices. L’élection des diacres permet aussi aux Apôtres de rester pleinement concentrés sur “le service de la Parole”. D’après la déclaration fondatrice du 29 novembre 1953 du comité administratif présidé par Nikos Psaroudakis, cet épisode inspira fortement les fondateurs du mouvement. Leur intention n’était pas d’identifier un mouvement politique à des institutions ecclésiastiques, mais de souligner l’exemple du Christ, de ses disciples et des pères de l’Eglise comme point de référence pour les Chrétiens. Cela permet aussi d’identifier les priorités des chrétiens en tant que citoyens : lutter pour la justice sociale et la démocratie. C’est pour cette raison que le Protomartyr Etienne, l’un des sept diacres, est considéré comme le saint patron du mouvement et du journal depuis leurs débuts. Il faudrait ajouter que la distinction de la “Diaconie de la Parole”, réservée aux Apôtres, de la “Diaconie des Tables” constitue un modèle pour penser la relation de l’Eglise et de l’Etat, leur coexistence dans l’espace public avec un rôle différent. En conformité avec le commandement du Christ, les affaires de César reviennent à César, et les affaires de Dieu, à Dieu.

  1. L’EXPÉRIENCE HELLÉNIQUE

Le peuple grec s’est trouvé sous le joug de l’Empire Ottoman de la chute de l’Empire Romain d’Orient en 1453 jusqu’à la Révolution de 1821, qui lui permis d’affirmer son indépendance. Dans cette page de l’histoire grecque, la foi chrétienne a joué un rôle fédérateur et révolutionnaire, et c’est dans cet héritage que s’inscrit le mouvement Démocratie Chrétienne.

Le peuple grec, ayant perdu son indépendance politique du XVème au XIXème siècle, devait survivre au joug Ottoman ; il y a réussi en se référant à la foi chrétienne et en se regroupant autour de l’Église Orthodoxe, la seule autorité pouvant le représenter envers les occupants. La Foi fonctionnait à la fois comme un lien et comme l’espoir de restitution de la liberté perdue. Théodoros Kolokotronis, un des plus importants combattants révolutionnaires de 1821, en énumérant les facteurs qui ont inspiré la Révolution a parlé de la Foi Chrétienne, dans son fameux discours de 1838 à Athènes adressé à des écoliers, en disant que le Christ :

« n’emmena avec lui ni sages ni savants, mais des gens simples, des paysans et des pêcheurs, et, avec l’aide du Saint-Esprit, ils apprirent toutes les langues du monde. Partout où ils rencontrèrent opposition, rois et tyrans les persécutèrent, nul ne put leur faire quoi que ce soit. C’est eux qui consolidèrent la foi ».

La lutte pour la liberté et l’indépendance était étroitement liée à la lutte pour les droits fondamentaux, puisque les Chrétiens vivaient sous la tyrannie ottomane comme citoyens de seconde classe, à la merci des occupants. C’est ainsi que la Révolution Hellénique de 1821, grâce à laquelle existe aujourd’hui l’Etat indépendant, fut inspirée de la foi Chrétienne Orthodoxe et de la Révolution française et des mouvements d’ émancipation des peuples des XVIIIe et XIXe siècles. La lutte se faisait « pour la sainte foi du Christ et la liberté de la Patrie », selon le slogan principal de la Révolution. C’est pour cette raison que l’État grec, reconstitué à la suite de la Révolution de 1821, conserve des points de repère dans la foi et la tradition chrétiennes orthodoxes, qui ont contribué à maintenir la cohésion du peuple grec durant les années d’esclavage et ont inspiré sa lutte pour la liberté. Les Constitutions sont votées au nom de la « Sainte Trinité, consubstantielle et indivisible », et des images du Christ ornent les salles de classe des écoles et les tribunaux. Cette pratique de référence à la religion « dominante » (et non « officielle ») n’a pas constitué une discrimination ou une coercition, puisque ces mêmes Constitutions ont, dès leur origine, garanti les droits et libertés des citoyens, indépendamment de leur religion. Pour nous, la référence « au nom de la Sainte Trinité, consubstantielle et indivisible » est un appel révolutionnaire, car la lutte pour la liberté a également commencé « pour la sainte foi du Christ », et constitue un engagement de l’État à œuvrer pour la liberté et la justice. La croix sur le drapeau symbolise la révolution contre la tyrannie, l’enseignement du Christ sur le ministère des pauvres, la lutte contre l’injustice et le respect des choix personnels de chaque citoyen.

La présence de symboles religieux à des institutions publiques à été attaquée comme violation de droits humains par certains. La question a été résolue du point de vue légal par la Cour européenne des droits de l’homme en 2011, qui jugea que la présence du crucifix dans les classes en Italie ne viole aucun droit individuel et que la présence de symboles religieux dépend de la loi de chaque pays (30814/2006 Lautsi vs Italie, décision du 18 mars 2011). Une requête pareille à celle qui a été rejetée contre l’Italie est en cours devant la Cour contre la Grèce, soutenant que la présence de l’icône du Christ dans la salle de la Cour Suprême constitue une violation des droits. Cette actualité rappelle la responsabilité de promouvoir la position que la foi chrétienne est révolutionnaire en soi, fondée sur l’exemple du Christ, les Écritures, l’exemple et les œuvres des pères et mères de l’Eglise. Une position conforme aux concepts qui inspirèrent la longue tradition de luttes de notre peuple pour la liberté.

En revanche, la version inoffensive du christianisme, réduit à un code moral individuel et qui fonctionne comme idéologie dominante justifiant les injustices commises de la part de toutes sortes de rois et tyrans, est une vision aliénée de notre foi que notre mouvement a combattue dès le début de sa présence. En effet, la formation de notre mouvement fut très influencée par le contexte vécu par notre peuple durant et après la seconde guerre mondiale. Déjà, en 1922, après le massacre de milliers de Grecs vivant en Asie Mineure par l’armée turque, plus d’un million deux cents mille réfugiés, en majorité complètement ruinés, gagnent la Grèce. L’occupation nazie y fut aussi une des plus dures en Europe ; et l’intensité des contradictions sociales en ce temps fut l’une des raisons principales de ce qu’au lieu d’un compromis et d’une transition vers un gouvernement démocratique et un État social, comme en France, en Italie et dans la plupart des pays d’Europe occidentale, la guerre civile éclata. Le régime post-guerre civile, caractérisé par un déficit de démocratie, puisque le Parti Communiste était hors-la-loi et toute idéologie de gauche proscrite et persécutée, était un état autoritaire qui aboutit à la dictature des colonels de 1967-1974.

 

  1. LA DICTATURE DES COLONELS

La fondation de Démocratie Chrétienne en 1953 a donc lieu dans ce contexte de contradictions sociales et de tensions politiques, qui donnera naissance à la dictature de colonels en 1967.

 

A) A l’origine de Démocratie Chrétienne (1953-1967)

Le contexte de polarisation intense et de haine, après-guerre, affecta la formation de notre mouvement, qui se réclamait du christianisme social. Notre mouvement rejetait les deux systèmes politiques dominants, le capitalisme et le marxisme, en raison de leur matérialisme incompatible avec le christianisme, car ils divisaient les peuples en posant de faux dilemmes. La liberté et la justice sociale ne pouvaient pas être fondées sur la loi de la jungle et l’avidité individualiste, ni sur n’importe quelle forme de haine, que ce soit entre classes sociales ou entre nations. Liberté et justice ne peuvent être fondées que sur l’amour chrétien.

La doctrine du mouvement et du journal était fondée sur les œuvres de son premier président et fondateur principal Nikos Psaroudakis, qui travailla à démontrer le contenu révolutionnaire de l’Evangile et des Écritures en général. Son livre le plus populaire, La Révolution de l’Amour, dénonçait les deux systèmes politico-idéologiques dominants tout en prenant position en faveur d’un modèle social fondé sur la première communauté chrétienne de Jérusalem décrite par les Actes des Apôtres, où tout serait commun, sans propriété privée et où chacun contribuerait selon ses possibilités et recevrait selon ses besoins. Ces principes chrétiens étaient abandonnés par la version aliénée du christianisme institutionnel inoffensif, que Nikos Psaroudakis, appelait du terme « Astochristianismos » qui pourrait être rendu en français par “christianisme bourgeois”.

Nous pouvons citer, comme autre influence, le théologien Giorgos Roditis, qui effectua un travail très important sur les œuvres des Pères de l’Eglise en soulignant le caractère révolutionnaire de leur doctrine, spécialement dans son livre Christianisme et Richesse. La dénonciation de la version soumise et compromise du Christianisme était une réponse à la propagande du système dominant qui se portait garant de la foi chrétienne contre le danger du communisme athée.

 

B) Résister à l’instrumentalisation de la foi

Critique de la Constitution à la lumière du Christianisme

Suite au coup d’Etat des colonels le 21 avril 1967 et à l’instauration d’une junte militaire, l’instrumentalisation de notre Foi devint encore plus intense. Les membres et amis du Mouvement et de son journal étaient des démocrates convaincus, opposés à toute forme de tyrannie, même sous un masque chrétien. Dès le premier jour de la dictature, certains participèrent à la seule manifestation de protestation qui eut lieu en Grèce, à Héraklion, en Crète. Ils rejoignirent la Résistance spontanément, dès le début et par conviction personnelle, avant toute coordination ou organisation clandestine. Même après la fermeture du journal et jusqu’à la chute du régime en juillet 1974, des membres et amis de l’extérieur publièrent la brochure résistante avec le titre Nouveaux Horizons. Après le 21 avril 1967 tous les partis politiques furent interdits. Le journal refusa de paraître sous un régime de censure préventive et ferma.

Le premier texte contre la dictature fut un petit livre de 32 pages, Critique de la Constitution à la lumière du Christianisme, qui parut en 1968 à l’occasion du référendum de la Junte pour l’approbation de la Constitution qu’elle avait préparée. Il paraissait comme un ouvrage collectif, mais il est connu que le rédacteur principal était Nikos Psaroudakis, aidé par quelques collaborateurs. L’une des thèses était que la constitution des dictateurs était un texte indigne d’être voté au nom de Dieu : « Tout en invoquant le Dieu de la vérité et de la vie, c’est une Constitution de couardise et d’obscurantisme » (p.  15). En s’opposant aux articles de la Constitution qui imposaient de lourdes sanctions à toute personne critiquant le système capitaliste, le livret conteste que ce système soit compatible avec le christianisme. Un acte très courageux, sous un régime dictatorial.

« La doctrine du Christ, l’Évangile, souligne la loi et l’ordre moral. Le Capitalisme souligne le droit naturel et l’ordre naturel* ! L’Evangile donne priorité à la conscience, le capitalisme s’adresse à l’instinct. Le christianisme considère l’âme comme valeur suprême et veut la soutenir. Le capitalisme considère comme valeur suprême l’argent (pecunia nervus rei publicae) et comme idéal suprême l’intérêt* individuel. Le Christianisme apporta au monde la notion du proche et la loi de l’amour. Le capitalisme a déifié le «moi » et formé la société de l’homo homini lupus ! Le christianisme a donné à l’humanité des saints et des martyrs, le capitalisme a créé des castes de profiteurs, d’usuriers et de tyrans séparés des peuples miséreux et abandonnés. Le christianisme veut le monde et ses biens communs pour tous, les businessmen du système social dominant veulent le monde comme propriété des monopoles et des profiteurs bellicistes de l’oligarchie financière internationale. Le Christianisme dit aux peuples : « Apprenez la justice, vous qui habitez la terre » (Isaïe 26,9). Le capitalisme dit à ses élus : « le droit c’est la loi du plus fort ». Le christianisme commande : « Si quelqu’un ne veut pas travailler, qu’il ne mange pas non plus ». [* en français dans le texte] (page 20)

L’incompatibilité du Christianisme avec toute forme de tyrannie est fortement soulignée :

« Est-il permis, au nom de Jésus Christ d’enchainer le peuple et l’esprit, alors que Jésus Christ est venu au monde pour renverser les tyrans de toute sorte ? Quoi d’autre signifient les paroles de la Mère de Dieu :  « Il renverse les puissants de leurs trônes, il élève les humbles. Il comble de biens les affamés, renvoie les riches les mains vides ». (Evangile selon Luc 1  52- 53)

Tout un chapitre (pages 22-26) est consacré à l’idée que « La vérité chrétienne n’a peur d’aucune idéologie et n’a aucun besoin de protection policière ».

 

III. Les années de dictature : résister en parole et en actes

 

A) Une critique théologique

De janvier 1970 à décembre 1973, le journal a réapparu sous le titre « Christianiki », quand le régime de la censure préventive cessa son emprise. En même temps, la jeunesse du Mouvement fit paraître une brochure clandestine sous le titre de « Charavgi » (Aube).

La première issue de Charavgi février 1970

Pendant cette période, la critique du journal contre le régime s’accentua progressivement. L’enthousiasme était grand parce que la dictature, qui prétendait se légitimer en gardien de la foi chrétienne contre le prétendu danger communiste, était violemment critiquée à base de versets bibliques.

Giorgos Roditis, hormis son travail détaillé sur le contenu social des œuvres des Pères de l’Eglise, donna une grande importance à la promotion de la lutte des chrétiens contre la tyrannie et l’injustice sociale dans le monde entier. La théologie de la libération fut promue et soutenue, ainsi que le mouvement contre les discriminations raciales aux Etats-Unis et le mouvement contre la guerre au Vietnam. La dénonciation des régimes dictatoriaux dans le monde entier était aussi une forme de lutte contre le régime grec. Des contacts furent établis avec les Chrétiens Sociaux en France et ailleurs.

La dictature, tout en assumant le contrôle absolu des institutions, essaya de profiter de l’antipathie à l’égard de la monarchie pour se tailler un profil libéral et se légitimer politiquement. Certes notre mouvement avait pris des positions très critiques envers la Monarchie dès les années 50 et 60, mais toute tentative de légitimation d’un régime dictatorial était tout à fait inadmissible pour Christianiki.

Le 1er juin 1973, par décision du gouvernement de la dictature, la monarchie fut abolie et la république proclamée. Une nouvelle constitution allait être approuvée par un référendum falsifié, comme en 1968. Le dictateur en chef Georgios Papadopoulos qui jusqu’alors s’était autoproclamé, entre autres, Premier Ministre et Régent,  s’autoproclama cette fois Président de la République avec un mandat de huit ans et des pouvoirs étendus. Il y aurait certes des élections, mais le gouvernement élu aurait des pouvoirs fort limités et n’aurait même pas la possibilité de contrôler l’armée. Le journal haussa la voix pour que le peuple ne soit pas pris au piège. Sa position sur le référendum de la junte fut en faveur du NON. Ensuite il s’attaqua à toute tentative du régime de se présenter comme démilitarisé. La seule condition pour un retour acceptable à la démocratie était le retrait inconditionnel et absolu des militaires du pouvoir et le contrôle total de l’appareil d’Etat par les autorités politiques élues. Le dictateur ne manqua donc pas de clamer : Vive la République !  « Christianiki » réagit à cette manœuvre de la dictature par l’article à la une du numéro de juin de Nikos Psaroudakis intitulé : « De quelle république parlez-vous M. Papadopoulos ? » (-ci-dessous)

 

B) La fermeture de Christianiki

C’est dans cet esprit que le mouvement et son journal soutinrent le mouvement étudiant et sa position contre toute légalisation politique de la dictature qui aboutit à un soulèvement panhellénique. L’épicentre en était le soulèvement de l’Ecole Polytechnique à Athènes en novembre 1973 : une action spontanée, non contrôlée par des partis et dont les partis communistes en clandestinité étaient méfiants. Ils essayèrent de se l’approprier après la chute de la dictature mais les écrits demeurent : en janvier 1974, la brochure du PC clandestin « Panspoudastiki » (numéro 8 de février 1974) caractérisait l’insurrection étudiante de l’école Polytechnique comme une action de “350 provocateurs”.  (entre autres pandiera.gr 15.11.2015)

Le soulèvement étudiant et populaire et sa répression par l’armée et la police eut comme résultat l’échec de la libéralisation fictive. Le 25 novembre 1973, Papadopoulos fut renversé par le chef de la toute puissante police militaire Dimitrios Ioannidis, surnommé « le dictateur invisible » parce qu’il n’assuma aucune position de pouvoir et laissa deux marionnettes jouer les rôles de président de la république et de premier ministre. « Christianiki » paru pour la dernière fois sous la dictature le 8 décembre 1973. Le titre de l’article de Nikos Psaroudakis cette fois était : « Le tyran est tombé. Que la tyrannie tombe aussi ». Un autre article de la première page était consacré au soulèvement étudiant sous le titre : « Vive la jeunesse hellénique immortelle ». (-ci-dessous)

Le journal fut alors immédiatement fermé par le régime et Nikos Psaroudakis exilé et emprisonné à l’île cycladique déserte de Yiaros, jusqu’à la chute du régime en juillet 1974. Les autorités de la junte essayaient de mettre de multiples obstacles à la circulation du journal, sans résultat, puisque le tirage du journal aux jours du soulèvement de l’Ecole Polytechnique approcha les cent mille, un chiffre très grand pour la Grèce, même en cette époque où internet n’avait pas remplacé le papier.

Les chaines aux portes des buraux de Cristianiki à Athènes fermés par la police de la dictature. A la legende: “Ces chaines sont le gain de notre nation pour la lutte contre le hitlerisme, le fascisme, le stalinisme et le colonialisme”.

 

C) La fin du régime

La chute de la dictature, en juillet 1974, fut provoquée par la tragédie chypriote. Pendant la domination étrangère à Chypre, beaucoup plus longue qu’en Grèce, l’Église jouait un rôle d'”Ethnarchie”, autorité représentant le peuple envers les occupants. L’archevêque et primat de l’Eglise de Chypre Makarios devient le premier président démocratiquement élu de la république chypriote en 1960. La dictature a essayé d’utiliser les problèmes canoniques issus de cette situation pour le faire destituer, et une crise écclesiastique violente éclata. Il est vrai que le droit canonique orthodoxe ne permet pas au clergé de tenir des positions d’Etat, mais dans le cas de Chypre, on pourrait dire que cette présidence était le résultat de la volonté du peuple, qui votait massivement pour lui, et permettait de facto une transition du régime de l’Ethnarchie vers un Etat indépendant. Pendant la dictature, notre journal a soutenu Makarios et a dénoncé les manœuvres de la dictature pour le renverser, voire l’assassiner.

Pour tenter de saboter la position du président élu de la république chypriote, l’Archevêque Makarios qui était favorable au mouvement non aligné, le gouvernement d’Athènes fut à l’initiative d’un coup d’État militaire à Chypre. Ce coup d’État donna à la Turquie une raison  d’envahir l’île, entraînant la partition de celle-ci. Le régime s’effondra sous le fardeau de sa responsabilité pour l’invasion turque de l’île. Comme l’avait prédit le poète Giorgos Seferis (prix Nobel 1963) dans sa fameuse déclaration du 28 mars 1968 :

” Chacun sait que, sous un régime dictatorial, le début peut sembler paisible, mais la tragédie est inévitable à la fin. Le drame de cette fin nous tourmente, consciemment ou inconsciemment, comme dans les chœurs antiques d’Eschyle. Tant que l’anomalie persiste, le mal progresse. “

Si la junte était tombée à temps, comme le mouvement étudiant et Christianiki le demandait, il est très probable que l’invasion turque (qui conduisit à l’occupation de 40% du territoire chypriote et 200.000 réfugiés) n’aurait pas eu lieu. Cette remarque est nécessaire parce que les sympathisants de Papadopoulos prétendent que c’est le soulèvement de l’Ecole Polytechnique qui conduisit à sa chute et la prise de pouvoir par Ioannidis que la tragédie chypriote s’est produite, en oubliant que le sabotage et l’affaiblissement du gouvernement chypriote était une politique appliquée dès le début de la dictature.

“Kenourgioi Orizontes” (Nouveuax Horizonts) paru entre la fermeture de Christianiki et la chute de la dictature

Le journal réapparu en juillet 1974 après la chute de la dictature. (-ci-dessous Christianiki reparue après la chute de la dictature)

 

IV. CHRISTIANIKI FACE AUX COLLABORATIONNISTES

Un épisode, qui s’étend de mai 1973 à l’après dictature, résume bien quelques uns des enjeux soulevés par l’opposition de Christianiki à la junte. En mai 1973, un article intitulé «Résistance nationale et bataillons de sécurité » parait en première page de Christianiki. Il est signé par Georgios Xenakis, procureur licencié par la junte et dirigeant d’un groupe de la Résistance dans la province de Selino en Crète, et s’oppose fermement à une loi de la dictature visant à reconnaître le statut de combattant de la Résistance nationale parmi les membres des “Bataillons de sécurité”, afin qu’ils reçoivent une pension de résistant à l’occupation allemande. Or, les “Bataillons de sécurité” étaient des groupes armés collaborationnistes  opérant, sous les ordres des occupants, contre la Résistance. Pour un vrai résistant comme Georgios Xenakis, reconnaître des collaborationnistes comme résistants allait trop loin. Sa réaction dans les pages de Christianiki fut pour le moins véhémente :

« Il est connu que qualifier quelqu’un de membre de Bataillon de Sécurité (« Tagmatasfalitis ») était considéré comme une grave insulte, car lorsque l’humanité civilisée dans son ensemble luttait contre les forces de la violence et de la brutalité, ces personnes s’armaient, se nourrissaient et collaboraient, servant fidèlement l’occupant et combattant à ses côtés contre les groupes armés de la Résistance qui luttaient pour la libération du pays et qui étaient en contact avec le quartier général Allié du Moyen-Orient et le gouvernement grec légitime en exil»

Un membre des Bataillons de sécurité d’Eubée porta plainte contre lui et Nikos Psaroudakis, alors responsable légal de «Christianiki», pour diffamation. Malheureusement pour le plaignant, le procès fut fixé pour novembre 1974, quelques mois après la chute de la dictature, le pire contexte pour lui car il avait à faire face à deux membres distingués de la Résistance à la dictature juste effondrée. Il demanda lui-même à retirer la plainte. Georgios Xenakis déclara qu’il accepterait l’absence de procès, à condition que le plaignant reconnaisse l’exactitude du contenu de l’article et présente ses excuses pour l’épreuve causée aux défendeurs. Le plaignant ayant refusé d’aller jusque là, le procès se déroula normalement.

Les accusés furent acquittés, ce procès donna l’occasion à des représentants de la Résistance de témoigner et de dénoncer le rôle des Bataillons de sécurité en tant que collaborationnistes. Au cours du procès, des aspects des activités du dictateur Papadopoulos pendant l’Occupation, rarement rendus publics, furent révélés, notamment un témoignage montrant que le dictateur et son frère avaient servi dans le Bataillon de sécurité de Patras. On exhuma également les atrocités commises par des membres du Bataillon de sécurité aux côtés des Allemands lors de l’assaut du 17 août 1944, à Kokkinia, un faubourg du Pirée appelé aujourd’hui Nikea. Deux cent exécutions et six mille prisonniers.

 

CONCLUSION

Les mésaventures du mouvement et de son journal ne se terminèrent pas avec la chute de la dictature. Quand l’heure vint pour la junte et ses collaborateurs de rendre des comptes, la Cour suprême (« Areios Pagos ») qualifia le coup d’État de 1967 de simple «délit instantané» – au lieu de « permanent » – ce qui permit de disculper 104 membres des gouvernements dictatoriaux. Cette décision fut critiquée  par un article en première page de Nikos Psaroudakis dans « Christianiki »,  intitulé « Votre crime est permanent, messieurs de l’Aréopage » qui avait pour sous-titre : « Vous avez sacrifié la justice à l’opportunisme : hier pour sauver la tyrannie, aujourd’hui pour sauver les tyrans ». Il soulignait dans l’ article : « Nombre d’entre vous, sous la dictature, petits êtres « sages », pour ne pas perdre votre position, vous êtes repliés sur vous-mêmes et avez perverti la pensée juridique en sophismes, en apologie de l’anarchie et du crime ». (ci-dessous)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il fut condamné en première instance à la peine exorbitante de seize mois de prison et par la cour d’appel à quatre mois de prison avec possibilité de rançon, pour insulte contre l’autorité, un acte décriminalisé depuis. Il refusa cependant de payer sa peine, déclarant au président du tribunal : « Vous avez décidé de mon emprisonnement ; payer ou non est mon affaire. Vous m’envoyez en prison, alors j’irai en prison » ! Il fut donc incarcéré à Korydallos, où il purgea sa peine. C’est là qu’il écrivit le livre « Ma prison », militant ardemment pour les droits des prisonniers et la nécessité d’une réforme radicale du système pénitentiaire, avec le remplacement des prisons par des communautés de réinsertion.

 

Et le fascisme pris d’autres formes, qu’il a fallu aussi combattre. La tendance – à l’instar des «chrétiens allemands » de l’Allemagne nazie de l’entre-deux-guerres – à « corriger » la foi chrétienne « en une direction plus grecque », en s’attaquant à l’Ancien Testament considéré comme faisant partie de la mythologie juive et devant être aboli. En 2002, Christianiki traita de fasciste le journal Davlos car il tenait de telles positions. Le propriétaire du journal intenta une action devant les tribunaux civils contre le mouvement et les responsables du journal, dont moi-même, auteur de l’article demandant une indemnisation de 600 000 euros pour diffamation et insulte, ce qui n’était ni plus ni moins qu’une façon de nous empêcher de parler. Nous avons gagné en première instance, à la cour d’appel et à la cour suprême.

Pendant la décennie suivante, la paupérisation brutale de la société imposée par les directives de l’Union Européenne favorisa la montée d’Aube Dorée, un parti ouvertement néo-nazi. Notre mouvement combattit cette nouvelle forme de fascisme, par mémorandum écrit adressé au Saint Synode de l’Eglise Orthodoxe de Grèce en septembre 2012,  qui demandait la condamnation spirituelle du phénomène du néo-nazisme/néofascisme et des manifestations de haine, de division et d’insulte à la personne humaine qui en découlent. – Actuellement, le darwinisme social, que l’on trouvait dans le fascisme, s’est logé aussi dans certaines formes de néo-libéralisme.

Notre mouvement avance vers son 11e congrès, au mois de janvier prochain, témoignant par son journal, ses éditions, ses événements et interventions dans la vie spirituelle, politique et sociale du message social de l’Evangile contre toute forme d’ injustice sociale.

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ΕΛΗΝΙΚΗ ΜΕΤΑΦΡΑΣΗ

Γιάννης Ζερβός

Σύμφωνα με το Κίνημα Χριστιανικής Δημοκρατίας (Κίνημα Χριστιανικής Δημοκρατίας) και την εφημερίδα μας Χριστιανική («Χριστιανική»), που ιδρύθηκαν το 1953, το κοινωνικό μήνυμα του Ευαγγελίου παραμένει ένα πάντοτε επίκαιρο σημείο αναφοράς, ικανό να εμπνεύσει μια ελεύθερη και δίκαιη κοινωνία. Το κοινωνικό μας πρότυπο βασίζεται στην πρώτη χριστιανική κοινότητα των Ιεροσολύμων που περιγράφεται στις Πράξεις των Αποστόλων, όπου «είχαν τα πάντα κοινά» (Πράξεις 2:44 και 4:32).

Στις Πράξεις των Αποστόλων, βρίσκουμε το επεισόδιο της «Διακονίας των Τραπεζών» (Πράξεις 6:1-6), το οποίο αφηγείται τη δημοκρατική εκλογή των επτά διακόνων για την εφαρμογή αυτής της κοινωνίας και την πρόληψη των αδικιών. Η εκλογή των διακόνων επέτρεψε επίσης στους Αποστόλους να παραμείνουν πλήρως επικεντρωμένοι στην «διακονία του Λόγου». Σύμφωνα με την ιδρυτική διακήρυξη της 29ης Νοεμβρίου 1953, της Διοικούσας Επιτροπής του Κινήματος, υπό την προεδρία του Νίκου Ψαρουδάκη, αυτό το επεισόδιο ενέπνευσε έντονα τους ιδρυτές του κινήματος. Πρόθεσή τους δεν ήταν να ταυτίσουν ένα πολιτικό κίνημα με τους εκκλησιαστικούς θεσμούς, αλλά να τονίσουν το παράδειγμα του Χριστού, των μαθητών του και των Πατέρων της Εκκλησίας ως σημείο αναφοράς για τους Χριστιανούς.

Αυτό βοηθά επίσης στον προσδιορισμό των προτεραιοτήτων των Χριστιανών ως πολιτών: να αγωνίζονται για την κοινωνική δικαιοσύνη και τη δημοκρατία. Αυτός είναι ο λόγος για τον οποίο ο Πρωτομάρτυρας Στέφανος, ένας από τους επτά διακόνους, θεωρείται ο προστάτης άγιος του κινήματος και της εφημερίδας από το ξεκίνημά τους.

Πρέπει να προστεθεί ότι η διάκριση μεταξύ της «Διακονίας του Λόγου», που προορίζεται για τους Αποστόλους, και της «Διακονίας των Τραπεζών» παρέχει και ένα πρότυπο για την κατανόηση της σχέσης μεταξύ Εκκλησίας και Κράτους, της συνύπαρξής τους στο δημόσιο χώρο με διακριτούς ρόλους. Σύμφωνα με την εντολή του Χριστού, «τα του Καίσαρος τω Καίσαρι και τα του Θεού τω Θεώ» .

 

Η ΕΛΛΗΝΙΚΗ ΕΜΠΕΙΡΙΑ

 

Ο ελληνικός λαός βρισκόταν υπό τον ζυγό της Οθωμανικής Αυτοκρατορίας από την πτώση της Ανατολικής Ρωμαϊκής Αυτοκρατορίας το 1453 μέχρι την Επανάσταση του 1821, η οποία του επέτρεψε να διεκδικήσει την ανεξαρτησία του. Σε αυτό το κεφάλαιο της ελληνικής ιστορίας, η χριστιανική πίστη έπαιξε έναν ενωτικό και επαναστατικό ρόλο, και από αυτήν την κληρονομιά αντλεί τις θέσεις του το κίνημα της Χριστιανικής Δημοκρατίας.

Ο ελληνικός λαός, έχοντας χάσει την πολιτική του ανεξαρτησία από τον 15ο έως τον 19ο αιώνα, έπρεπε να επιβιώσει υπό τον οθωμανικό ζυγό. Το πέτυχε με σημείο αναφοράς τη χριστιανική πίστη και συσπειρωμένος γύρω από την Ορθόδοξη Εκκλησία, τη μόνη αρχή που μπορούσε να τον εκπροσωπήσει έναντι των κατακτητών. Η πίστη λειτούργησε τόσο ως συνεκτικός δεσμός όσο και ως ελπίδα για την αποκατάσταση της χαμένης ελευθερίας του. Ο Θεόδωρος Κολοκοτρώνης, ένας από τους σημαντικότερους επαναστάτες αγωνιστές του 1821, απαριθμώντας τους παράγοντες που ενέπνευσαν την Επανάσταση, μίλησε για τη χριστιανική πίστη στην περίφημη ομιλία του το 1838 στην Αθήνα προς τους μαθητές σχολείων λέγοντας ότι ο Χριστός:

«Δεν επήρε μαζί του ούτε σοφούς ούτε προκομμένους, αλλ’ απλούς ανθρώπους, χωρικούς καί ψαράδες, και με τη βοήθεια του Αγίου Πνεύματος έμαθαν όλες τες γλώσσες του κόσμου, οι οποίοι, μολονότι όπου και αν έβρισκαν εναντιότητες και οι βασιλείς και οι τύραννοι τους κατέτρεχαν, δεν ημπόρεσε κανένας να τους κάμη τίποτα. Αυτοί εστερέωσαν την πίστιν».

Ο αγώνας για ελευθερία και ανεξαρτησία ήταν στενά συνδεδεμένος με τον αγώνα για τα θεμελιώδη δικαιώματα, καθώς οι Χριστιανοί ζούσαν υπό την οθωμανική τυραννία ως πολίτες δεύτερης κατηγορίας, στο έλεος των κατακτητών. Έτσι, η Ελληνική Επανάσταση του 1821, χάρη στην οποία υπάρχει σήμερα ανεξάρτητο κράτος, εμπνεύστηκε από την Ορθόδοξη Χριστιανική πίστη και τη Γαλλική Επανάσταση, όπως και τα κινήματα χειραφέτησης των λαών του ΙΗ’ και του ΙΘ’ αιώνα.

Ο αγώνας γινόταν «για του Χριστού την πίστιν την αγίαν και της Πατρίδος την ελευθερίαν», σύμφωνα με το κύριο σύνθημα της Επανάστασης. Για το λόγο αυτό, το ελληνικό κράτος, που ανασυστάθηκε μετά την Επανάσταση του 1821, διατηρεί σημεία αναφοράς στην Ορθόδοξη Χριστιανική πίστη και παράδοση, η οποία συνέβαλε στη διατήρηση της συνοχής του ελληνικού λαού κατά τα χρόνια της δουλείας και ενέπνευσε τον αγώνα του για ελευθερία. Τα Συντάγματα υιοθετούνται στο όνομα της «Αγίας, ομοουσίου και αδιαιρέτου Τριάδος», και εικόνες του Χριστού κοσμούν τις σχολικές τάξεις και τα δικαστήρια. Αυτή η πρακτική αναφοράς στην «επικρατούσα» (και όχι «επίσημη») θρησκεία δεν συνιστούσε διάκριση ή καταναγκασμό, καθώς τα ίδια αυτά Συντάγματα, από την έναρξή τους, εγγυώνταν τα δικαιώματα και τις ελευθερίες των πολιτών, ανεξάρτητα από τη θρησκεία τους. Για εμάς, η αναφορά «στο όνομα της Αγίας, Ομοουσίου και αδιαιρέτου Τριάδος» είναι επαναστατικό κάλεσμα, επειδή ο αγώνας για την ελευθερία ξεκίνησε επίσης «για την αγία πίστη του Χριστού» και αποτελεί δέσμευση του Κράτους να εργαστεί για την ελευθερία και τη δικαιοσύνη. Ο σταυρός στη σημαία συμβολίζει την επανάσταση κατά της τυραννίας, τη διδασκαλία του Χριστού για τη διακονία προς τους φτωχούς, την καταπολέμηση της αδικίας και τον σεβασμό των προσωπικών επιλογών κάθε πολίτη.

Η παρουσία θρησκευτικών συμβόλων σε δημόσιους θεσμούς έχει επικριθεί από ορισμένους ως παραβίαση των ανθρωπίνων δικαιωμάτων. Το ζήτημα επιλύθηκε νομικά από το Ευρωπαϊκό Δικαστήριο Ανθρωπίνων Δικαιωμάτων το 2011, το οποίο έκρινε ότι η παρουσία του σταυρού στις τάξεις στην Ιταλία δεν παραβιάζει κανένα ατομικό δικαίωμα και ότι η παρουσία θρησκευτικών συμβόλων είναι θέμα που κάθε χώρα πρέπει να καθορίσει (Υπόθεση 30814/2006, Lautsi κατά Ιταλίας, απόφαση της 18ης Μαρτίου 2011). Μια παρόμοια υπόθεση κατά της Ιταλίας, η οποία απορρίφθηκε, βρίσκεται επί του παρόντος ενώπιον του Δικαστηρίου, υποστηρίζοντας ότι η παρουσία της εικόνας του Χριστού στην αίθουσα του Ανωτάτου Δικαστηρίου συνιστά παραβίαση δικαιωμάτων. Αυτή η είδηση ​​υπογραμμίζει την ευθύνη να προωθηθεί η θέση ότι η χριστιανική πίστη είναι επαναστατική από μόνη της, βασισμένη στο παράδειγμα του Χριστού, στις Γραφές και στο παράδειγμα και τα έργα των Πατέρων και Μητέρων της Εκκλησίας. Αυτή η θέση ευθυγραμμίζεται με τις έννοιες που ενέπνευσαν τη μακρά παράδοση αγώνων του λαού μας για ελευθερία.

Αντίθετα, η ακίνδυνη εκδοχή του Χριστιανισμού, που έχει περιοριστεί σε έναν ατομικό ηθικό κώδικα και λειτουργεί ως κυρίαρχη ιδεολογία που δικαιολογεί τις αδικίες που διαπράττουν κάθε είδους βασιλιάδες και τύραννοι, είναι ένα αλλοτριωμένο όραμα της πίστης μας, ενάντια στο οποίο το κίνημά μας έχει αγωνιστεί από την αρχή. Πράγματι, η διαμόρφωση του κινήματός μας επηρεάστηκε σε μεγάλο βαθμό από τις συνθήκες που βίωσε ο λαός μας κατά τη διάρκεια και μετά τον Δεύτερο Παγκόσμιο Πόλεμο. Ήδη από το 1922, μετά τη σφαγή χιλιάδων Ελλήνων που ζούσαν στη Μικρά Ασία από τον τουρκικό στρατό, περισσότεροι από 1,2 εκατομμύρια πρόσφυγες, η πλειοψηφία τους εντελώς κατεστραμμένοι, έφτασαν στην Ελλάδα. Η ναζιστική κατοχή εκεί ήταν επίσης μια από τις πιο σκληρές στην Ευρώπη. Και η ένταση των κοινωνικών αντιφάσεων εκείνη την εποχή ήταν ένας από τους κύριους λόγους για τους οποίους, αντί για συμβιβασμό και μετάβαση σε μια δημοκρατική διακυβέρνηση και ένα κράτος πρόνοιας, όπως στη Γαλλία, την Ιταλία και τις περισσότερες χώρες της Δυτικής Ευρώπης, ξέσπασε εμφύλιος πόλεμος. Το μεταπολεμικό καθεστώς, που χαρακτηριζόταν από έλλειμμα δημοκρατίας —καθώς το Κομμουνιστικό Κόμμα είχε τεθεί εκτός νόμου και κάθε αριστερή ιδεολογία είχε απαγορευτεί και διωχθεί— ήταν ένα αυταρχικό κράτος που κορυφώθηκε με τη δικτατορία των συνταγματαρχών από το 1967 έως το 1974.

 

Η ΔΙΚΤΑΤΟΡΙΑ ΤΩΝ ΣΥΝΤΑΓΜΑΤΑΡΧΩΝ

 

Η ίδρυση της Χριστιανικής Δημοκρατίας το 1953 έλαβε χώρα σε αυτό το πλαίσιο κοινωνικών αντιθέσεων και πολιτικών εντάσεων, που θα οδηγούσαν στη δικτατορία των συνταγματαρχών το 1967.

 

Α) Οι απαρχές της Χριστιανικής Δημοκρατίας (1953-1967)

Το πλαίσιο της έντονης πόλωσης και του μίσους στην μεταπολεμική περίοδο επηρέασε τη διαμόρφωση του κινήματός μας, το οποίο ταυτίστηκε με τον κοινωνικό Χριστιανισμό. Το κίνημά μας απέρριψε τα δύο κυρίαρχα πολιτικά συστήματα, τον Καπιταλισμό και τον Μαρξισμό, λόγω του υλισμού τους, ο οποίος ήταν ασυμβίβαστος με τον Χριστιανισμό, καθώς χώριζαν τους ανθρώπους θέτοντας ψευδή διλήμματα. Η ελευθερία και η κοινωνική δικαιοσύνη δεν μπορούσαν να θεμελιωθούν στον νόμο της ζούγκλας και στην ατομικιστική απληστία, ούτε σε καμία μορφή μίσους, είτε ταξικού, είτε εθνικού. Η ελευθερία και η δικαιοσύνη μπορούν να θεμελιωθούν μόνο στην χριστιανική αγάπη.

Οι θέσεις του κινήματος και της εφημερίδας θεμελιώθηκαν  στα έργα του πρώτου προέδρου και κύριου ιδρυτή του, Νίκου Ψαρουδάκη, ο οποίος εργάστηκε για να καταδείξει το επαναστατικό περιεχόμενο του Ευαγγελίου και της Αγίας Γραφής γενικότερα. Το πιο δημοφιλές βιβλίο του, *Η Επανάσταση της Αγάπης*, κατήγγειλε τα δύο κυρίαρχα πολιτικά και ιδεολογικά συστήματα, ενώ παράλληλα υποστήριζε ένα κοινωνικό πρότυπο βασισμένο στην πρώτη χριστιανική κοινότητα στην Ιερουσαλήμ που περιγράφεται στις Πράξεις των Αποστόλων, όπου όλα θα ήταν κοινά, χωρίς ατομική ιδιοκτησία, και όπου ο καθένας θα συνεισέφερε ανάλογα με τις δυνατότητές του και θα λάμβανε σύμφωνα με τις ανάγκες του. Αυτές οι χριστιανικές αρχές εγκαταλείφθηκαν από την αλλοτριωμένη εκδοχή του ακίνδυνου θεσμικού Χριστιανισμού, τον οποίο ο Νίκος Ψαρουδάκης ονόμασε «Αστοχριστιανισμό», έναν όρο που θα μπορούσε να μεταφραστεί στα γαλλικά ως «christianisme bourgeois».

Ως άλλο πρόσωπο που επέδρασε στη διαμόρφωση των θέσεων μπορούμε να αναφέρουμε τον θεολόγο Γιώργο Ροδίτη, ο οποίος έκανε πολύ σημαντικό έργο πάνω στα κείμενα των Πατέρων της Εκκλησίας, τονίζοντας τον επαναστατικό χαρακτήρα της διδασκαλίας τους, ιδιαίτερα στο βιβλίο του *Χριστιανισμός και Πλούτος*. Η καταγγελία της υποταγμένης και συμβιβασμένης εκδοχής του Χριστιανισμού ήταν μια απάντηση στην προπαγάνδα του κυρίαρχου συστήματος, το οποίο παρουσιάστηκε ως εγγυητής της χριστιανικής πίστης ενάντια στον κίνδυνο του αθεϊστικού κομμουνισμού.

 

Β) Αντίσταση στην εργαλειοποίηση της πίστης

Μετά το πραξικόπημα των συνταγματαρχών στις 21 Απριλίου 1967 και την εγκαθίδρυση στρατιωτικής χούντας, η εργαλειοποίηση της πίστης μας έγινε ακόμη πιο έντονη. Τα μέλη και οι φίλοι του Κινήματος και της εφημερίδας του ήταν αφοσιωμένοι δημοκράτες, αντίθετοι σε κάθε μορφή τυραννίας, ακόμη και υπό χριστιανικό μανδύα. Από την πρώτη κιόλας ημέρα της δικτατορίας, ορισμένοι συμμετείχαν στη μοναδική διαδήλωση διαμαρτυρίας που πραγματοποιήθηκε στην Ελλάδα, στο Ηράκλειο της Κρήτης. Εντάχθηκαν στην Αντίσταση αυθόρμητα, από την αρχή, από προσωπική πεποίθηση, πριν υπάρξει οποιοσδήποτε συντονισμός ή παράνομη οργάνωση. Ακόμα και μετά το κλείσιμο της εφημερίδας και μέχρι την πτώση του καθεστώτος τον Ιούλιο του 1974, μέλη και φίλοι στο εξωτερικό δημοσίευσαν το φυλλάδιο της αντίστασης με τον τίτλο Νέοι Ορίζοντες. Μετά τις 21 Απριλίου 1967, όλα τα πολιτικά κόμματα απαγορεύτηκαν. Η εφημερίδα αρνήθηκε να κυκλοφορήσει υπό καθεστώς προληπτικής λογοκρισίας και έκλεισε.

Το πρώτο κείμενο κατά της δικτατορίας ήταν ένα μικρό βιβλίο 32 σελίδων, με τίτλο «Κριτική του Συντάγματος υπό το φως του Χριστιανισμού», το οποίο εκδόθηκε το 1968 με αφορμή το δημοψήφισμα της Χούντας για την έγκριση του Συντάγματος που είχε συντάξει. Παρουσιάστηκε ως συλλογικό έργο, αλλά είναι γνωστό ότι ο κύριος εκδότης ήταν ο Νίκος Ψαρουδάκης, με τη βοήθεια αρκετών συνεργατών. Ένα από τα επιχειρήματα ήταν ότι το σύνταγμα των δικτατόρων ήταν ένα κείμενο ανάξιο να ψηφιστεί στο όνομα του Θεού:

«Επικαλείται τον Θεόν της αλήθειας και της ζωής, είναι Σύνταγμα δειλίας και σκοταδισμού» (σελ. 15).

Αντιτιθέμενο στα άρθρα του Συντάγματος που επέβαλαν βαριές ποινές σε όποιον ασκούσε κριτική στο καπιταλιστικό σύστημα, το φυλλάδιο αμφισβήτησε τη συμβατότητα αυτού του συστήματος με τον Χριστιανισμό. Μια πολύ θαρραλέα πράξη, υπό δικτατορικό καθεστώς.

«Η διδασκαλία του Χριστού, το Ευαγγέλιο, προβάλλει τον Ηθικό Νόμο και την Ηθική Τάξη. Ο Αστισμός προβάλλει τον Φυσικό νόμο και τη Φυσική τάξη (την ordre naturel)! Το Ευαγγέλιο δίδει προτεραιότητα στη συνείδηση, ο αστισμός απευθύνεται στο ένστικτο! Ο Χριστιανισμός θεωρεί πρώτη αξία την ψυχή και αυτή θέλει να βοηθήσει. Ο αστισμός ανώτατη αξία θεωρεί το χρήμα (pecunia nervus rei publicae) και ανώτατο ιδανικό το ατομικό συμφέρον (interêt). Ο Χριστιανισμός έφερε στον κόσμο την έννοια του «πλησίον» και το νόμο της αγάπης. Ο καπιταλισμός έχει θεοποιήσει τον «εαυτό» και έχει δημιουργήσει μια κοινωνία homo homini lupus! Ο Χριστιανισμός έδωσε στην ανθρωπότητα στρατιές αγίων και μαρτύρων, ο αστισμός δημιούργησε κάστες εκμεταλλευτών, τοκογλύφων και τυράννων, δίπλα στις στρατιές των εξαθλιωμένων και εγκαταλελειμμένων λαών! Ο Χριστιανισμός θέλει τον κόσμο και τα αγαθά του κοινό κτήμα όλων των ανθρώπων , οι μπίζνεσμεν  του κρατούντος κοινωνικού καθεστώτος θέλουν τον κόσμο περιουσία των μονοπωλίων και των πολεμοκάπηλων της διεθνούς οικονομικής ολιγαρχίας. Ο Χριστιανισμός λέγει στους λαούς: «Δικαιοσύνην μάθετε οι ενοικούντες επί της γης» (Ησαΐας 26:9). Ο αστισμός λέγει στους εκλεκτούς του: «Δίκαιον είναι το συμφέρον του ισχυροτέρου». Ο Χριστιανισμός εντέλλεται: «Ο μη εργαζόμενος, μηδέ εσθιέτω».  (σελίδα 20)

Η ασυμβατότητα του Χριστιανισμού με οποιαδήποτε μορφή τυραννίας τονίζεται έντονα:

«Είναι επιτρεπτό, στο όνομα του Ι. Χριστού, να επιχειρήται αλυσσόδεση του λαού και του πνεύματος όταν ο Ι. Χριστός ήρθε στον κόσμο για να γκρεμίση τους κάθε λογής τυράννους; Τι άλλο σημαίνουν τα λόγια της Παναγίας: «Καθείλε δυνάστας από των θρόνων και ύψωσε ταπεινούς, πεινώντας ενέπλησεν αγαθών και πλουτούντας εξαπέστειλε κενούς» Ευαγγέλιο κατά Λουκά 1:52-53) (σελ. 21)

Ένα ολόκληρο κεφάλαιο (σελίδες 22-26) είναι αφιερωμένο στην ιδέα ότι η «χριστιανική αλήθεια» «Δεν φοβάται καμία ιδεολογία και δεν χρειάζεται αστυνομική προστασία».

 

III. Τα Χρόνια της Δικτατορίας: Αντίσταση με Λόγο και Έργο

Α) Θεολογική Κριτική

Από τον Ιανουάριο του 1970 έως τον Δεκέμβριο του 1973, η εφημερίδα ξανακυκλοφόρησε με τον τίτλο «Χριστιανική», όταν το καθεστώς προληπτικής λογοκρισίας έπαψε να ισχύει. Ταυτόχρονα, η νεολαία του Κινήματος δημοσίευσε ένα παράνομο φυλλάδιο με τον τίτλο «Χαραυγή».

Κατά τη διάρκεια αυτής της περιόδου, η κριτική της εφημερίδας προς το καθεστώς σταδιακά εντάθηκε. Ο ενθουσιασμός του κόσμου ήταν μεγάλος επειδή η δικτατορία, η οποία ισχυριζόταν ότι νομιμοποιούσε τον εαυτό της ως θεματοφύλακα της χριστιανικής πίστης ενάντια στην υποτιθέμενη κομμουνιστική απειλή, επικρίθηκε έντονα με βάση εδάφια της Βίβλου..

Ο Γιώργος Ροδίτης, εκτός από το διεξοδικό έργο του πάνω στο κοινωνικό περιεχόμενο των κειμένων των Πατέρων της Εκκλησίας, έδωσε μεγάλη έμφαση στην προώθηση του αγώνα των Χριστιανών ενάντια στην τυραννία και στην κοινωνική αδικία παγκοσμίως. Η θεολογία της απελευθέρωσης προωθήθηκε και υποστηρίχθηκε, όπως και το κίνημα κατά των φυλετικών διακρίσεων στις Ηνωμένες Πολιτείες και το κίνημα κατά του πολέμου του Βιετνάμ. Η καταγγελία των δικτατορικών καθεστώτων σε όλο τον κόσμο ήταν επίσης μια μορφή αντίστασης κατά του ελληνικού καθεστώτος. Δημιουργήθηκαν επαφές με χριστιανούς κοινωνιστές στη Γαλλία και αλλού.

Η δικτατορία, διατηρώντας παράλληλα τον απόλυτο έλεγχο των θεσμών, προσπάθησε να εκμεταλλευτεί την αντιπάθεια προς τη μοναρχία για να καλλιεργήσει μια φιλελεύθερη εικόνα και να νομιμοποιηθεί πολιτικά. Βεβαίως, το κίνημά μας είχε λάβει εξαιρετικά επικριτικές θέσεις απέναντι στη μοναρχία ήδη από τις δεκαετίες του 1950 και του 1960, αλλά κάθε προσπάθεια νομιμοποίησης ενός δικτατορικού καθεστώτος ήταν εντελώς απαράδεκτη για τη «Χριστιανική» .

Την 1η Ιουνίου 1973, με απόφαση της δικτατορικής κυβέρνησης, η μοναρχία καταργήθηκε και ανακηρύχθηκε η δημοκρατία. Ένα νέο σύνταγμα επρόκειτο να εγκριθεί με στημένο δημοψήφισμα, όπως το 1968. Ο αρχιδικτάτορας, Γεώργιος Παπαδόπουλος, ο οποίος μέχρι τότε αυτοανακηρύχθηκε, μεταξύ άλλων, Πρωθυπουργός και Αντιβασιλέας, αυτή τη φορά αυτοανακηρύχθηκε Πρόεδρος της Δημοκρατίας με οκταετή θητεία και ευρείες εξουσίες.

Θα γίνονταν, βέβαια, εκλογές, αλλά η αιρετή κυβέρνηση θα είχε πολύ περιορισμένες εξουσίες και δεν θα είχε καν τη δυνατότητα να ελέγχει τον στρατό. Η εφημερίδα ύψωσε τη φωνή της για να μην παγιδευτεί ο λαός. Η θέση της στο δημοψήφισμα της χούντας ήταν υπέρ του ΟΧΙ. Στη συνέχεια, επιτέθηκε σε κάθε προσπάθεια του καθεστώτος να παρουσιαστεί ως αποστρατιωτικοποιημένο.

Η μόνη προϋπόθεση για μια αποδεκτή επιστροφή στη δημοκρατία ήταν η άνευ όρων και ολοκληρωτική   αποχώρηση του στρατού από την εξουσία και ο πλήρης έλεγχος του κρατικού μηχανισμού από τις αιρετές πολιτικές αρχές. Ως εκ τούτου, ενώ ο δικτάτορας δεν δίστασε να διακηρύξει: “Ζήτω η Δημοκρατία!”, η «Χριστιανική» αντέδρασε σε αυτόν τον ελιγμό της δικτατορίας με το πρωτοσέλιδο άρθρο του Νίκου Ψαρουδάκη στο τεύχος Ιουνίου με τίτλο: «Για ποια δημοκρατία μιλάτε, κύριε Παπαδόπουλε;»

 

Β) Το κλείσιμο της Χριστιανικής

Με αυτό το πνεύμα, το κίνημα και η εφημερίδα του υποστήριξαν το φοιτητικό κίνημα και τη στάση του ενάντια σε οποιαδήποτε πολιτική νομιμοποίηση της δικτατορίας, το οποίο κορυφώθηκε με μια πανελλαδική εξέγερση. Το επίκεντρο ήταν η εξέγερση στο Πολυτεχνείο της Αθήνας τον Νοέμβριο του 1973: μια αυθόρμητη ενέργεια, χωρίς έλεγχο από πολιτικά κόμματα και αντιμέτωπη με καχυποψία από τα παράνομα κομμουνιστικά κόμματα. Επιχείρησαν να την οικειοποιηθούν μετά την πτώση της δικτατορίας, αλλά τα γραπτά παραμένουν: τον Ιανουάριο του 1974, το φυλλάδιο του παράνομου Κομμουνιστικού Κόμματος «Πανσπουδαστική» (τεύχος 8, Φεβρουάριος 1974) χαρακτήρισε την φοιτητική εξέγερση στο Πολυτεχνείο ως δράση «350 προβοκάτορων». (μεταξύ άλλων pandiera.gr 15.11.2015)

Η φοιτητική και λαϊκή εξέγερση και η καταστολή της από τον στρατό και την αστυνομία είχαν ως αποτέλεσμα την αποτυχία της ψεύτικης φιλελευθεροποίησης. Στις 25 Νοεμβρίου 1973, ο Παπαδόπουλος ανατράπηκε από τον επικεφαλής της παντοδύναμης στρατιωτικής αστυνομίας, Δημήτριο Ιωαννίδη, ο οποίος είχε το παρατσούκλι «ο αόρατος δικτάτορας» επειδή δεν ανέλαβε καμία θέση εξουσίας και επέτρεψε σε δύο μαριονέτες να παίξουν τους ρόλους του προέδρου και του πρωθυπουργού.

Η «Χριστιανική» εκδόθηκε για τελευταία φορά υπό τη δικτατορία στις 8 Δεκεμβρίου 1973. Ο τίτλος του άρθρου του Νίκου Ψαρουδάκη αυτή τη φορά ήταν: «Ο τύραννος έπεσε. Να πέσει και η τυραννία». Ένα άλλο άρθρο στην πρώτη σελίδα ήταν αφιερωμένο στην φοιτητική εξέγερση με τον τίτλο: «Ζήτω η αθάνατη ελληνική νεολαία». Η εφημερίδα έκλεισε αμέσως από το καθεστώς και ο Νίκος Ψαρουδάκης εξορίστηκε και φυλακίστηκε στο έρημο κυκλαδίτικο νησί της Γυάρου μέχρι την πτώση του καθεστώτος τον Ιούλιο του 1974. Οι αρχές της χούντας προσπάθησαν να εμποδίσουν την κυκλοφορία της εφημερίδας με πολλούς τρόπους, αλλά μάταια, καθώς η κυκλοφορία της εφημερίδας κατά τη διάρκεια της εξέγερσης του Πολυτεχνείου πλησίασε τις εκατό χιλιάδες, ένα πολύ υψηλό αριθμό για την Ελλάδα, ακόμη και σε μια εποχή που το διαδίκτυο δεν είχε ακόμη αντικαταστήσει τον έντυπο τύπο.

 

Γ) Το τέλος του καθεστώτος

Η πτώση της δικτατορίας τον Ιούλιο του 1974 προκλήθηκε από την τραγωδία της Κύπρου. Κατά την περίοδο της ξένης κυριαρχίας στην Κύπρο, η οποία ήταν πολύ μεγαλύτερη από ό,τι στην Ελλάδα, η Εκκλησία έπαιξε τον ρόλο μιας «Εθναρχίας», δηλαδή μιας αρχής που εκπροσωπούσε τον λαό στους κατακτητές. Ο Αρχιεπίσκοπος Μακάριος, Προκαθήμενος της Εκκλησίας της Κύπρου, έγινε ο πρώτος δημοκρατικά εκλεγμένος πρόεδρος της Κυπριακής Δημοκρατίας το 1960. Η δικτατορία προσπάθησε να εκμεταλλευτεί τα κανονικά ζητήματα που προέκυψαν από αυτή την κατάσταση για να τον απομακρύνει από το αξίωμά του, και ξέσπασε μια βίαιη εκκλησιαστική κρίση. Ενώ είναι αλήθεια ότι το ορθόδοξο κανονικό δίκαιο δεν επιτρέπει στον κλήρο να κατέχει θέσεις εξουσίας, στην περίπτωση της Κύπρου, θα μπορούσε κανείς να ισχυριστεί ότι αυτή η προεδρία ήταν αποτέλεσμα της βούλησης του λαού, ο οποίος ψήφισε με συντριπτική πλειοψηφία υπέρ του, και de facto επέτρεψε τη μετάβαση από το καθεστώς της «Εθναρχίας»  σε ένα ανεξάρτητο κράτος. Κατά τη διάρκεια της δικτατορίας, η εφημερίδα μας υποστήριξε τον Μακάριο και κατάγγειλε τις προσπάθειες της δικτατορίας να τον ανατρέψει, ακόμη και να τον δολοφονήσει.

Σε μια προσπάθεια να υπονομεύσει τη θέση του εκλεγμένου προέδρου της Κυπριακής Δημοκρατίας Αρχιεπισκόπου Μακαρίου, ο οποίος υποστήριζε το κίνημα των αδέσμευτων, η κυβέρνηση της Αθήνας υποκίνησε στρατιωτικό πραξικόπημα στην Κύπρο. Αυτό το πραξικόπημα έδωσε στην Τουρκία το πρόσχημα να εισβάλει στο νησί, οδηγώντας στη διχοτόμησή του. Το καθεστώς κατέρρευσε υπό το βάρος της ευθύνης της για την τουρκική εισβολή. Όπως προέβλεψε ο ποιητής Γιώργος Σεφέρης (Βραβείο Νόμπελ 1963) στην περίφημη δήλωσή του στις 28 Μαρτίου 1968:

«Όλοι πια το διδάχτηκαν και το ξέρουν πως στις δικτατορικές καταστάσεις, η αρχή μπορεί να μοιάζει εύκολη, όμως η τραγωδία περιμένει, αναπότρεπτη, στο τέλος. Το δράμα αυτού του τέλους μάς βασανίζει, συνειδητά ή ασυνείδητα όπως στους παμπάλαιους χορούς του Αισχύλου. Όσο μένει η ανωμαλία, τόσο προχωρεί το κακό».

Αν η χούντα είχε πέσει εγκαίρως, όπως απαιτούσαν το φοιτητικό κίνημα και η «Χριστιανική»,  είναι πολύ πιθανό η τουρκική εισβολή (η οποία οδήγησε στην κατοχή του 40% του κυπριακού εδάφους και σε 200.000 πρόσφυγες) να μην είχε λάβει χώρα. Αυτό το σημείο είναι απαραίτητο να διευκρινιστεί επειδή οι υποστηρικτές του Παπαδόπουλου ισχυρίζονται ότι η εξέγερση του Πολυτεχνείου οδήγησε στην πτώση του και στην κατάληψη της εξουσίας από τον Ιωαννίδη, πυροδοτώντας έτσι την κυπριακή τραγωδία, ξεχνώντας βολικά ότι η υπονόμευση και η αποδυνάμωση της κυπριακής κυβέρνησης ήταν μια πολιτική που εκδηλώθηκε από την αρχή κιόλας της δικτατορίας.

Η εφημερίδα ξανακυκλοφόρησε τον Ιούλιο του 1974 μετά την πτώση της δικτατορίας.

 

IV. Η ΧΡΙΣΤΙΑΝΙΚΗ ΑΝΤΙΜΕΤΩΠΗ ΜΕ ΤΟΥΣ ΣΥΝΕΡΓΑΤΕΣ ΤΩΝ ΚΑΤΑΚΤΗΤΩΝ

Ένα επεισόδιο, που εκτείνεται από τον Μάιο του 1973 έως την μεταδικτατορική περίοδο, συνοψίζει εύστοχα ορισμένα από τα ζητήματα που εγείρονται από την αντίθεση της «Χριστιανικής» στη χούντα. Τον Μάιο του 1973, ένα άρθρο με τίτλο «Εθνική Αντίστασις και Τάγματα Ασφαλείας» εμφανίστηκε στην πρώτη σελίδα της Χριστιανικής. Υπογράφεται από τον Γεώργιο Ξενάκη, εισαγγελέα που απολύθηκε από τη χούντα και ηγέτη μιας ομάδας Αντίστασης στην επαρχία Σελίνου στην Κρήτη, και αντιτίθεται σθεναρά σε έναν νόμο που θεσπίστηκε από τη δικτατορία, ο οποίος στόχευε να αναγνωρίσει τα μέλη των «Ταγμάτων Ασφαλείας» ως αγωνιστές της Εθνικής Αντίστασης, ώστε να μπορούν να λαμβάνουν σύνταξη για την αντίσταση στη γερμανική κατοχή. Ωστόσο, τα «Τάγματα Ασφαλείας» ήταν ένοπλες ομάδες συνεργατών που δρούσαν υπό τις εντολές των κατακτητών εναντίον της Αντίστασης. Για έναν πραγματικό αγωνιστή της αντίστασης όπως ο Γεώργιος Ξενάκης, η αναγνώριση των συνεργατών ως αγωνιστών της αντίστασης παραπήγαινε. Η αντίδρασή του στις σελίδες της Χριστιανικής ήταν σφοδρή:

«Είναι γνωστόν ότι ο χαρακτηρισμός τινός ως Ταγματασφαλίτου εθεωρείτο δεινή ύβρις, διότι όταν η πολιτισμένη ανθρωπότης ολόκληρος εμάχετο εναντίον των δυνάμεων της βίας και της κτηνωδίας, εκείνοι εξωπλίζοντο, εσιτίζοντο και συνειργάζοντο, υπηρετούντες πιστώς τον κατακτητήν, μαχόμενοι  μετ΄ αυτού εναντίον των αγωνιζομένων δια την απελευθέρωσιν της χώρας ανταρτικών ομάδων, (…) ευρισκόμεναι εν επαφή μετά του Συμμαχικού Στρατηγείου της Μέσης Ανατολής και της νομίμου εν τω εξωτερικώ Ελληνικής Κυβερνήσεως…»

Ένα μέλος των Ταγμάτων Ασφαλείας στην Εύβοια υπέβαλε μήνυση εναντίον του και του Νίκου Ψαρουδάκη, ως τότε υπεύθυνου της Χριστιανικής σύμφωνα με το νόμο, για συκοφαντική δυσφήμιση. Δυστυχώς για τον ενάγοντα, η δίκη είχε προγραμματιστεί για τον Νοέμβριο του 1974, λίγους μήνες μετά την πτώση της δικτατορίας – τη χειρότερη δυνατό συγκυρία για αυτόν, καθώς έπρεπε να αντιμετωπίσει δύο εξέχοντα μέλη της Αντίστασης ενάντια στην δικτατορία που μόλις είχε καταρρεύσει.

Ο ίδιος ζήτησε ακόμη και να αποσύρει τη μήνυση. Ο Γεώργιος Ξενάκης δήλωσε ότι θα αποδεχόταν την κατάργηση της δίκης, υπό την προϋπόθεση ότι ο ενάγων θα αναγνώριζε την ακρίβεια του περιεχομένου του άρθρου και θα ζητούσε συγγνώμη για τη δοκιμασία που προκλήθηκε στους κατηγορούμενους. Δεδομένου ότι ο ενάγων αρνήθηκε να προχωρήσει μέχρι εκεί, η δίκη συνεχίστηκε κανονικά.

Οι κατηγορούμενοι αθωώθηκαν. Αυτή η δίκη έδωσε την ευκαιρία σε εκπροσώπους της Αντίστασης να καταθέσουν και να καταγγείλουν τον ρόλο των Ταγμάτων Ασφαλείας ως συνεργατών. Στη δίκη, αποκαλύφθηκαν πτυχές της δράσης του δικτάτορα Παπαδόπουλου κατά τη διάρκεια της Κατοχής, που σπάνια δημοσιοποιούνταν, συμπεριλαμβανομένων μαρτυριών που έδειχναν ότι ο δικτάτορας και ο αδελφός του είχαν υπηρετήσει στο Τάγμα Ασφαλείας Πατρών. Έφτασαν επίσης στο φως οι φρικαλεότητες που διέπραξαν μέλη του Τάγματος Ασφαλείας μαζί με τους Γερμανούς κατά την επίθεση της 17ης Αυγούστου 1944, στην Κοκκινιά, ένα προάστιο του Πειραιά που τώρα ονομάζεται Νίκαια. Διακόσιες εκτελέσεις και έξι χιλιάδες κρατούμενοι.

 

ΚΑΤΑΚΛΕΙΔΑ

Οι περιπέτειες του κινήματος και της εφημερίδας του δεν τελείωσαν με την πτώση της δικτατορίας. Όταν ήρθε η ώρα να λογοδοτήσουν η χούντα και οι συνεργάτες της, το Ανώτατο Δικαστήριο («Άρειος Πάγος») χαρακτήρισε το πραξικόπημα του 1967 ως απλό «στιγμιαίο αδίκημα» – αντί για «διαρκές» – γεγονός που επέτρεψε την απαλλαγή 104 μελών των δικτατορικών κυβερνήσεων. Η απόφαση αυτή επικρίθηκε από ένα πρωτοσέλιδο άρθρο του Νίκου Ψαρουδάκη στη «Χριστιανική», με τίτλο «Διαρκές το δικό σας έγκλημα κ.κ. Αρεοπαγίτες», με υπότιτλο: «Θυσιάσατε τη δικαιοσύνη στη σκοπιμότητα : Χθες για να σώσετε την τυραννία, σήμερα για να σώσετε τους τυράννους». Στο άρθρο τόνιζε:  «Πολλοί από σας, στη διάρκεια της δικτατορίας, «συνετά» ανθρωπάκια, για να μη χάσετε τη θεσούλα σας, είχατε λουφάξει στο κελύφι σας κι είχατε μεταβάλει τη νομική σκέψη σε σοφιστεία, στήριγμα της ανομίας και του εγκλήματος». Καταδικάστηκε αρχικά στην υπέρογκη ποινή δεκαέξι μηνών φυλάκισης και από το εφετείο σε τέσσερις μήνες φυλάκιση με δυνατότητα εξαγοράς, για περιύβριση αρχής, μια πράξη που αργότερα αποποινικοποιήθηκε. Αρνήθηκε, ωστόσο, να εξαγοράσει την ποινή του, δηλώνοντας στον πρόεδρο του Δικαστηρίου: ««Αποφασίσατε τη φυλάκιση μου, το εάν θα πληρώσω ή όχι είναι δικό μου θέμα. Εσείς με στέλνετε στη φυλακή, θα πάω, λοιπόν φυλακή!». Έτσι, φυλακίστηκε στον Κορυδαλλό, όπου εξέτισε την ποινή του. Εκεί έγραψε το βιβλίο «Η Φυλακή μου», αγωνιζόμενος ένθερμα για τα δικαιώματα των κρατουμένων και την ανάγκη για μια ριζική μεταρρύθμιση του σωφρονιστικού συστήματος, με την αντικατάσταση των φυλακών από κοινότητες αποκατάστασης.

Και ο φασισμός πήρε και άλλες μορφές, οι οποίες έπρεπε επίσης να καταπολεμηθούν. Η τάση -όπως αυτή των «Γερμανών Χριστιανών» της ναζιστικής Γερμανίας του Μεσοπολέμου- να «διορθώνουν» τη χριστιανική πίστη «προς μια πιο ελληνική κατεύθυνση», που στρεφόταν κατά της Παλαιάς Διαθήκης, η οποία θεωρούνταν μέρος της εβραϊκής μυθολογίας και ως εκ τούτου έπρεπε να καταργηθεί. Το 2002, η Χριστιανική χαρακτήρισε το περιοδικό Δαυλός φασιστικό επειδή είχε τέτοιες θέσεις. Ο ιδιοκτήτης του περιοδικού κατέθεσε αστική αγωγή κατά του κινήματος και των συντακτών του, συμπεριλαμβανομένου εμού, του συγγραφέα του άρθρου, ζητώντας 600.000 ευρώ ως αποζημίωση για δυσφήμιση και εξύβριση, κάτι που δεν ήταν τίποτα περισσότερο από ένας τρόπος να μας φιμώσουν. Κερδίσαμε στο κατώτερο δικαστήριο, στο εφετείο και στο ανώτατο δικαστήριο.

Κατά τη διάρκεια της επόμενης δεκαετίας, η βάναυση εξαθλίωση της κοινωνίας που επιβλήθηκε από τις οδηγίες της Ευρωπαϊκής Ένωσης ενθάρρυνε την άνοδο της Χρυσής Αυγής, ενός ανοιχτά νεοναζιστικού κόμματος. Το κίνημά μας καταπολέμησε αυτή τη νέα μορφή φασισμού μέσω ενός γραπτού υπομνήματος που απευθύνθηκε στην Ιερά Σύνοδο της Ορθόδοξης Εκκλησίας της Ελλάδας τον Σεπτέμβριο του 2012, το οποίο ζητούσε την πνευματική καταδίκη του φαινομένου του νεοναζισμού/νεοφασισμού και των συνεπακόλουθων εκδηλώσεων μίσους, διχασμού και προσβολής της ανθρώπινης αξιοπρέπειας. Επί του παρόντος, ο κοινωνικός Δαρβινισμός που βρίσκεται στον φασισμό έχει ριζώσει και σε ορισμένες μορφές νεοφιλελευθερισμού.

Το κίνημά μας πορεύεται προς το 11ο συνέδριό του τον επόμενο Ιανουάριο, δίνοντας μαρτυρία για το κοινωνικό μήνυμα του Ευαγγελίου ενάντια σε κάθε μορφή κοινωνικής αδικίας μέσω της εφημερίδας, των εκδόσεών του, των εκδηλώσεών του και των παρεμβάσεών του στην πνευματική, πολιτική και κοινωνική ζωή.

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